C. Boitel

Laboratoire Camille Boitel


CAMILLE BOITEL


Biographie d’une tentative (ratée) de ne pas en avoir

1980 : chute à la naissance (en public)
1992 : 1ère rencontre avec la scène : « jouer c’est disparêtre ».
2003 : « l’homme de Hus » (pas de captation)
2006 : tentative de premier spectacle à nouveau

« L’immédiat » n’avait pas de titre, et n’était pas non plus signé. C’était la tentative d’un acte artistique tout nu. Une invitation à vivre cette œuvre instable de manière sensible, délesté de ses étiquettes, intermédiaires et préjugés. La feuille de salle était toute blanche, le spectacle n’avait jamais la même forme ; ça a raté plusieurs fois de suite, rendant la tentative invivable. Mais quand on s’est attaché à rater, on n’abandonne pas de sitôt, on ramolli un moment, puis on se jette à nouveau sur de l’impossibilité, dès qu’elle nous fait de l’œil.

2010 : 4 ans de tournées. Ne pas savoir s’arrêter.
2011- 2013 : a molli
2015 : création de spectacles qui ont déjà eu lieu ou inventer ce qui existe déjà : « la jubilation » (conférence), « le cabaret calamiteux » , « la machinajouer »
2015 : tentative de se débarrasser de ma biographie qui me momifie et me pousse à me plagier moi-même.
1994-97 : le cirque comme une insoumission à la continuité, jubilation du déséquilibre, s’amouracher du vertige.
2016 : nouvelle tentative de se débarrasser de sa biographie. Comment ne pas s’installer confortablement en soi-même, alourdi par l’ombre de ce que l’on a déjà fait, être libre comme quelqu’un qui fait pour la première fois et produire sans transformer en produit, éviter de hiérarchiser ceux qui ont étés importants pour ce travail et de conclure ce qui est encore en train de s’inventer.
2016: début d’une troisième tentative de premier spectacle: « Fissures »

Je voudrais m’adresser à toi dans l’instantané, par sursauts et abandons, puisant dans ta propre fragilité cette précision de jouer, en m’adressant à ton ventre autant qu’à ton système nerveux, en essayant d’écrire, nourri par ton regard en train de changer, quelque chose qui me dépasse (que je ne pourrais pas jouer sans toi) et qui permettrais de vivre au delà du fait d’être quelqu’un.

2024 (mai) : première du « système sensible »

www.siparhasard.com