BALKANS 2014>2017


FRANZ FERDINAND PROJECT // VERNISSAGE DE L’EXPOSITION
DU 10 AU 16 MAI 2016 À SARAJEVO 


Mémoires et histoires de la première guerre mondiale :
un projet artistique reliant SARAJEVO, BELGRADE, SAINT-ÉTIENNE

Dessin : Pierre Courtin

Dessin : Pierre Courtin

Porté par l’association Regards et Mouvements à l’Hostellerie de Pontempeyrat / Loire

En partenariat avec : Gran Lux et la Cartonnerie / Saint-Étienne, Duplex 100m2 / Sarajevo, Research station for Contemporary Art Perpetuum Mobile/ Belgrade

CONTEXTE /

Le projet « Franz Ferdinand » s’inscrit dans un travail de longue durée autour de la mémoire et de l’histoire dans la Région des Balkans. En 2011, Marjorie Glas, Baptiste Tanné et Guillaume Robert avaient en effet initié et concrétisé le projet Drina, (entre autre soutenu par la Région Rhône-Alpes et l’Hostellerie de Pontempeyrat) qui consistait en la reconstruction d’une machine hydro-électrique telle que les habitants de Gorazde, ville du sud-est de la Bosnie-Herzégovine, l’avaient imaginée pendant la guerre pour fabriquer leur électricité. La machine, une fois reconstruite, avait été exposée à Gorazde puis à Sarajevo : devenue objet d’art, sculpture monumentale, elle venait questionner chez les habitants le rôle de la mémoire intime, individuelle comme collective dans le processus de construction d’une histoire proche, celle de la guerre de Yougoslavie. En 2014, la France, l’Autriche et l’Allemagne initient le projet « Sarajevo, cœur de l’Europe », dont la fonction est de commémorer le centenaire de la première guerre mondiale, qui aurait débuté à Sarajevo, par l’assassinat du prince Franz Ferdinand sur le pont latin qui enjambe la rivière Miljacka, au cœur de la Ville. Une série d’événements divers sont proposés pour cette occasion, tous viennent célébrer la mémoire de la guerre telle qu’elle a été construite depuis lors par les principaux belligérants de la première guerre mondiale.

LE PROJET /

Ce projet Franz Ferdinand est né de la volonté d’artistes, chercheurs et responsables de structures culturelles de questionner cette mémoire à l’œuvre, telle qu’elle va être représentée durant les commémorations. Si l’assassinat de Franz Ferdinand représente le début de la première guerre mondiale pour l’Autriche comme pour la France, elle est aussi, en Bosnie comme dans tous les Balkans, synonyme d’une lutte anti-coloniale contre l’Empire austro-hongrois. Elle raconte également un morceau de l’histoire de l’anarchisme dans ces contrées européennes. Gavrilo Princip, étudiant serbe de Bosnie- Herzégovine, nationaliste yougoslave et assassin du prince, est ainsi un terroriste pour les français comme pour les autrichiens. Pourtant c’est une figure de résistance dans les Balkans, puisque Princip a longtemps incarné la lutte d’un peuple face à l’Empire austro-hongrois ainsi que la défense de l’idéal yougoslave.
Considéré comme un héros dans la Yougoslavie royale d’Alexandre Ier comme plus tard dans celle de Tito, Gavrilo Princip fut ainsi célébré par une plaque commémorant son acte à Sarajevo, sur les lieux mêmes de l’attentat, qui le décrivait comme « un combattant de la liberté ».
Cette plaque, détruite par les nazis en avril 1941 fut remplacée par une autre, détruite à son tour par l’armée de la République de Bosnie et d’Herzégovine pendant la guerre en ex-Yougoslavie en 1992. Aujourd’hui une nouvelle plaque porte le message « Que la paix règne sur terre », en anglais, serbe, et bosnien.

Dans ce contexte, il nous a paru intéressant de questionner la fabrication de ces mémoires nationales et internationales dans le cadre de ces commémorations. Les mémoires sont le fruit de constructions historiques diverses et il est important de rappeler qu’aucune d’entre elles n’est plus légitime qu’une autre dès lors qu’elle ne contrevient pas aux faits historiquement et scientifiquement établis. Une réflexion autour de ces enjeux mémoriels et historiques, datant d’un siècle, comme d’une vingtaine d’années, européens comme français, yougoslaves, serbes ou bosniens, nous semble judicieuse à mener et nécessaire à partager ensuite avec un public. Nous avons souhaité que cette réflexion soit portée par des artistes dont le trait commun est d’avoir été traversés intimement et chacun à sa manière par la grande histoire de l’Europe. Des chercheurs travailleront en lien étroit avec eux pour apporter leur rigueur et leur éclairage sur ces enjeux mémoriels.

Une coopération entre villes, institutions culturelles et artistes

Ce projet propose d’utiliser la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale comme point de départ d’une réflexion plus générale sur la construction des mémoires nationales et transnationales. Quatre structures culturelles, L’Hostellerie de Pontempeyrat, Le Gran Lux à Saint-Étienne, Duplex 100m2 à Sarajevo et Research station for Contemporary Art Perpetuum Mobile à Belgrade, ont décidé de s’emparer de la question : chacune invitera deux artistes à venir observer les commémorations de juin 2014 à Sarajevo.

> Artistes invités :
Stéphane Bonjour (France) : découvrir son parcours ici
Marianne Maric (France) : website
Lana Čmajčanin (Bosnie-Herzégovine) : website
Damir Radovic (France/Bosnie-Herzégovine) : website
diSTRUKTURA (Serbie) : website

Des historiens de chacun des pays participant (France, Bosnie-Herzégovine, Serbie) apporteront un regard historique et critique autour des notions d’histoire et de mémoire pour amener les artistes à porter un regard neuf sur ces problématiques. Chacun des artistes sera ensuite invité, au cours d’une résidence à Belgrade puis à Saint-Étienne, a produire une œuvre, photographique, filmique ou picturale autour de ces questions. Une exposition collective sera présentée d’abord au Gran Lux (où les photos et films seront produits), puis à Sarajevo dans le cadre du Festival Memory Module, et enfin à Belgrade, aux bords du Danube.

VERNISSAGE DE L’EXPOSITION ET CONFÉRENCE

// Vernissage de l’exposition 10 mai 2016 à Duplex 100m2 //

INFOS PRATIQUES :

Duplex100m2 : Obala Kulina Bana 22, first floor
71000 Sarajevo, Bosnia and Herzegovina
+387 (0) 66 488 832 / duplex100m2@gmail.com

L’Hostellerie de Pontempeyrat mène ce projet en partenariat avec la région Rhône-Alpes (volet Fiacre Mobilité internationale), la Ville de Saint-Étienne et l’Institut français.